Mes coups de gueules, Politique, Société

La France parle aux français.

pduvLes politiques s’interrogent sur les causes réelles du désintérêt des Français pour les scrutins qui se succèdent en nous chauffant les oreilles avec le même refrain scandant « Voter est un devoir ! ». Jusqu’à la prochaine élection. Et entre deux élections c’est toujours le même mépris.

Après avoir entendu sur LCI un politologue reconnu et pourtant réputé compétent, Alain Duhamel pour ne pas le citer dire que mon abstention n’est que le reflet de mon inadaptation à la vie politique, la mienne, comme celle de tous les Français, qu’ils aient voté ou non d’ailleurs, je ne peux que me questionner, à mon tour sur cette mystérieuse et soudaine inadaptation de ma part.

Avez vous remarqué, comme moi que quelque chose ne fonctionne plus dans « le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », selon l’expression de Churchill ?

Pour autant que je me souvienne, j’avais 14 ans, j’étais naïve et commençais à m’intéresser à la vie publique, à la politique donc comme d’un moyen honnête pour faire évoluer les choses. Mais le projet de Constitution européenne pour lequel le peuple français a dit NON et que Nicolas Sarkozy avec un tour de passe-passe avec l’aide d’un parlement fantoche à transformé en OUI m’ont ouvert les yeux en grand.

Je découvris ce jour-là que les politiciens étaient indignes de confiance et que seuls leurs intérêts comptent, quitte à se décrédibiliser aux yeux du peuple, et il me sembla que je ne pourrais plus jamais faire confiance à des politiciens et surtout que je n’étais plus en sécurité.

Je n’aurais jamais cru qu’un parlement élu par le peuple puisse se décrédibiliser de telle manière en allant contre la volonté du peuple qui l’a élu.

Aujourd’hui nous nous retrouvons avec des élus qui ont une légitimité affectée par l’abstention, et des citoyens qui n’en ont aucune, ringardisés par ceux même qui les ont élus, aidés en cela par un environnement médiatique friand de sondages orientés qui se targuent du nom d’Instituts ! Rien que ça !

Aucun élu en France ne peut se prévaloir d’avoir été élu par une majorité de citoyens et il va prétendre imposer son point de vue à « la minorité » malgré une abstention qui les prive de sens ?

Parlons un peu de notre fameuse Constitution de 1958, je dirais pauvre Constitution, parce qu’elle est réduite à un peau de chagrin de même que la souveraineté du pays au profit de l’UE, sans oublier des USA au travers le l’OTAN. Sur les 92 articles de 1958 il n’en reste aujourd’hui que 30, dans une Constitution qui en compte 108, permettant ainsi à Emmanuel Macron de mettre en place un système à valeur de nouveau régime qui entretient des rapports très lointains avec un système légitime de démocratie représentative.

Les élections législatives de juin 2017 ont vu un taux d’abstention colossal de près de 60 % des inscrits, l’Assemblée nationale n’a donc plus aucune représentativité politique, sociologique, sociale et économique digne de ce nom, exemple : les ouvriers et les salariés d’exécution des services sont autour de 40 % de la population active de notre pays ils ont… zéro représentant à l’Assemblée.

Si comme deux de mes concitoyens sur trois je ne vote pas, c’est parce que je me sens, à juste titre, éloignée des décisions qui sont prises de façon opaque ou, dans le pire des cas, ne le sont pas dans l’intérêt public mais dans celui des grandes entreprises.

J’attendrais pour recommencer à voter d’avoir la certitude de voter utilement sans être escroquée et demande pour cela Une Constitution rétablissant la souveraineté totale du pays, avec une véritable proportionnelle puis la mise en place un fichier national des élus condamnés, et d’une loi exigeant le retrait définitif de nos dirigeants lorsqu’ils se rendent coupables de délits touchant à la probité (et sont jugés comme tels), renforcée par le fait qu’ils devraient être tenus de rembourser, sur leur patrimoine personnel, le montant de leurs détournements ou de leurs tentatives de détournement.

D’autre part, je ne demande pas, « j’exige ! » que les politiciens fassent primer, en toutes circonstances, l’intérêt public et non pas leurs intérêts particuliers.

Letizia Doria

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A propos de Letizia Doria

juriste consultante/conseillère en stratégies. Coïto ergo sum, (Cogito ergo sum) aussi...

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