Biodiversité, Mes coups de Cœur, Philosophie

Je suis une bobo et je l’assume.

Je suis une bobo et je l'assume. dans Biodiversité 1382739

La Cagole

Ça y est, je vis dans une ville à la campagne, une ville qui pourrait être un grand village, un grand village où tout le monde se connaîtrait, c’est peut-être le cas mais moi, je ne connais pas grand monde, et pas grand monde ne me connaît, je suis madame Tout-le-Monde dans une vie confortable et individualiste.

Ma vie devrait faire la une des journaux, entre charge mentale, burn-out, zéro déchet, mais ce n’est pas le cas, je fais un travail qui a du sens à mes yeux, où je me sens vivante et utile.

Et pourtant j’’appartiens à la classe moyenne des bobos, bio, des néoruraux, je veux consommer bio, local et zéro déchet, je prend le temps de faire la tournée des grands-ducs, aller chez le maraîcher, chez le boucher, le fromager, le boulanger, le poissonnier, j’ai besoin de sentir les odeurs, de voir les produits, de toucher, je fais en sorte que chaque instant ait une odeur, une sensation, un goût, je stimule tous mes sens et embrasse mon présent comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Dès mon enfance, je me suis retrouvée plongée dans un monde et une société où tout va vite, mais de façon « anti-naturelle », j’en étais arrivée à penser que même le stress est quelque chose de positif car sans lui, je m’ennuierais, je me sentais libre de me compliquer la vie autant que je le voulais, d’avoir le droit de prendre des risques, d’avoir des rêves et un cercle social aussi large et varié que je le voulait.

Il y a quelques années, j’étais comme ça, je ne savais pas trop quoi faire de mon argent alors j’achetais, des produits de beauté, des cadeaux pour les ami(e)s, des fringues, des chaussures, beaucoup, de la vaisselle, de la décoration, une belle voiture, puis un jour; je venais de terminer mon jogging sur les hauteurs de Nice, toute seule, le soleil était bas sur l’horizon, un peu fatiguée peut-être je me suis assise dans l’herbe, le paysage était grandiose et là je me suis dit « C’est comme ça que je dois vivre ».

C’était il y a 5 ans et je m’en souviens comme si c’était hier, j’arrive encore à sentir l’odeur de l’herbe et de la terre, les derniers rayons de soleil sur mon visage, les brins de fleurs dans mes mains, le crissement des grillons et celui des cigales, ce moment extraordinaire de calme, de sérénité et de plénitude m’a touchée profondément et m’est revenu en mémoire, régulièrement,  depuis le premier confinement.

Je me suis rappelée que les bonnes choses, à l’instar d’un bon fromage ou d’un bon vin ont pour allié le temps, et que les meilleures préparations durent généralement plusieurs heures pour la cuisine, plusieurs jours ou mois pour la charcuterie, voire plusieurs années pour les bon vins, je me suis rappelée qui les bonnes choses ont des odeurs et des goûts.

Mon regard sur le monde et ma société est de plus en plus critique, je suis une privilégiée et je suis en colère, je suis en colère parce que je sais que les enfants qui naissent aujourd’hui ne connaîtront jamais le monde et la planète que j’ai connue, je sais qu’ils ne verront jamais les paysages et les fonds marins que j’ai eu le privilège de voir, même les étoiles perdent leurs éclats, diluées dans la pollution.

Je croyais exister en achetant, achetant, achetant, et ça détruit, détruit, détruit tout, en bonne bobo j’essayai de me donner bonne conscience en « recyclant » (en fait lorsqu’on « recycle », 80% de nos poubelles partent dans un pays en voie de développement où ces poubelles seront plus ou moins triées et plus ou moins transformées, et c’est le plus souvent moins que plus et ça finit dans l’océan ou les sols.)

J’ai décidé de vivre pleinement et consciemment, le moment présent, ici et maintenant en tenant compte de ce que me dit mon cœur et de mes besoins, sans excès, je vais sûrement travailler moins, voyager plus, et passer plus de temps auprès de mes ami·e·s.

Si être privilégiée c’est un état de plénitude, de satisfaction, de joie et de plaisir lié positivement à divers aspects physiques, psychologiques et sociaux de ma vie, alors j’en suis une, d’autres appelleraient ça le bonheur..

Letizia Doria

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A propos de Letizia Doria

juriste consultante/conseillère en stratégies. Coïto ergo sum, (Cogito ergo sum) aussi...

Une réponse à “Je suis une bobo et je l’assume.”

  1. Le 2 janvier 2021 à 23 h 56 min Micky a répondu avec... #

    Être présent à ce que dit mon coeur et mes besoins, sans excès, le bonheur !

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