Religions, Société

C’est quoi la laïcité ?

005Je vais essayer d’être claire, il y a deux volets à la laïcité, le premier est le régime de laïcité, et le second est le principe de laïcité, le premier est ce qui est domaine de l’autorité publique est tenu à l’abstention au sujet des croyances et des incroyances et se doit d’être neutre, le second a sa place partout ailleurs, y compris en public, c’est la liberté d’expression qui s’exerce, dans le cadre du droit commun, important le droit commun !

Face à cette situation on se retrouve avec deux dérives, la première consiste à vouloir étendre à l’autorité publique le principe qui vaut pour la société civile , ce sont les tentatives « d’accommodements » à une religion, nouvelle ou ancienne, la seconde c’est de vouloir appliquer à la société civile l’abstention que la laïcité impose à l’autorité publique, position qui prétend « nettoyer » l’espace social de toute visibilité religieuse.

La laïcité, telle qu’elle existe actuellement maintient l’articulation de ces deux principes et la respiration que constituent ces deux espaces parce que les lois laïques posent plus de libertés que ne l’a jamais fait aucune religion, c’est donc au religions de s’adapter à la laïcité en renonçant à leurs visées politiques.

Les problèmes actuels ne viennent pas de la laïcité mais du monde politique, il suffit d’appliquer les lois sans état d’âme, de sanctionner les prêcheurs de haine, de dissoudre les associations cultuelles qui les soutiennent, (prévu dans la loi de 1905), mais aussi d’être rigoureux dans les services publics et reconstruire une école qui instruise.

La finalité de l’école est d’assurer la formation du citoyen, c’est-à-dire d’un individu capable de comprendre ses droits et de participer à leur élaboration dans la sphère publique, ainsi par l’exercice de la raison, chaque homme peut participer au perfectionnement des connaissances humaines et ce n’est pas à l’école d’enseigner les idées toutes faites des préceptes religieux.

Je me demande, au nom de quoi la puissance publique s’immiscerait-elle dans les affaires religieuses ? Est-ce à l’état de spécifier ce qu’est un bon catholique ou un bon musulman ? Sûrement pas ! Financer les lieux de culte religieux avec l’argent public serait faire de la liberté de culte un droit-créance, ce qu’elle n’est pas, ce serait alors alors placer la liberté de culte au-dessus de la liberté de conscience et on introduirait des discriminations entre les citoyens, et cela viendrait à reconnaître les religions comme étant d’utilité publique. Ce qu’elle n’est pas…

Aujourd’hui ce sont des caricatures qui font débat, et transcendent les cultes pour lutter contre ses deux antidotes, le rire et la connaissance.

Spinoza disait, et à juste titre « Si les « détenteurs de la lumière divine possédaient seulement une étincelle de la lumière divine…, ils ne poursuivraient pas… ceux qui ne partagent pas leurs opinions, mais plutôt auraient pitié d’eux », visionnaire il proposait, dans le même temps, de retirer toute parole contraire aux « lois de (son) pays et à l’utilité publique ».
Je fais pour ma part l’éloge de la liberté de penser, avec la possibilité de dire ce que je pense et il va de soi que j’entre fatalement en conflit avec une parole révélée ou une idée toute faite.

Dans les jours à venir il me faudra défendre la laïcité (c’est-à-dire ménager la liberté de chacun), en démocratie, la critique des religions est une offense nécessaire, car leur respect inconditionnel est, par définition, liberticide, la « laïcité » restera toujours la meilleure ennemie de ceux qui vénèrent Dieu au lieu de l’aimer.

Certains parlent de modérer, voir d’interdire le droit au blasphème, mais sachant qu’il n’y a de blasphème que pour des croyants et que cette notion est inconnue de la législation, mettre en symétrie un « devoir de blasphème » et un « droit au blasphème » serait introduire une perspective religieuse qui, en l’occurrence, est étrangère à la laïcité et ne peut en faire partie.

Letizia Doria

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A propos de Letizia Doria

juriste médiatrice consultante/conseillère en stratégies de crises. Coïto ergo sum, (Cogito ergo sum) aussi...

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