10 mai 2020 0 Commentaire

54 jours confinée.

Plus de cinquante jours de confinée seule, et autant de jours de réflexion c’est comme se retrouver devant un miroir qui reflète mes sentiments négatifs et m’oblige à en chercher les origines en moi-même et par conséquent à me rendre responsable des croyances, idées et mauvaises pensées que j’alimente envers les autres et surtout envers moi.

Je me suis rendue compte de ma nature « tactile », je pensais que ces gestes d’affection que sont les embrassades, accolades, câlins, poignées de mains et autres bisous n’étaient qu’une convention que j’ai toujours considérée comme allant de soi mais je m’en rends compte aujourd’hui que ces pratiques sont culturellement très ancrée en moi et que m’en priver peut-être vécu comme un traumatisme.

Je me console en pensant à mes amis, qui me serreront fort dans leurs bras à la fin de la pandémie, mais au fond de moi, je me demande si je ne vivrai pas cette étreinte comme une imprudence plutôt que comme un soulagement.

Seulement j’ai remarqué pas mal de changements lors de mes rares sorties, les visages sont fermés, les regards fuyants, les saluts rares, jusqu’à me demander si pour certains le Covid-19 ne se contracterait pas par le regard, ou en disant « bonjour » à un passant, je ne peux qu’espérer que ce changement n’annonce pas une évolution durable.

Mon introspection s’est beaucoup penchée sur mon état de célibataire, et me suis rendue compte que mon célibat n’est pas un état sentimental, que je n’attends rien, que je ne cherche rien, je me suis rendue compte que mon célibat n’est que ma réalité, et que je la vis avec plénitude et liberté, sans me sentir obligée de chercher quelqu’un.

Pour la société par contre rien ne change, pour elle mon célibat est une salle d’attente ou je patiente pour rentrer dans le moule qui m’a été alloué, tout est fait pour aller dans ce sens, tous les marketing envers le célibat proposent tous la même formule, donner envie à un ou une célibataire de trouver un conjoint ou une conjointe, pour qu’il abandonne son célibat.

Je vois ça comme une ironie sociale et économique qui contraste avec la réalité, pour moi le célibat est incroyable, je peux prendre n’importe quelle décision sans avoir besoin de convaincre qui que ce soit que c’est la bonne décision, voyager, sortir, rentrer, acheter, vendre, toujours de façon imprévue devient la norme, les relations amoureuses vont et viennent, mais les amis seront toujours là., alors je ne les met pas de côté et lorsque j’ai un béguin je privilégie une complicité qui perdure au delà de l’amour ou du sexe, sans besoin de peser mes mots et avec la nécessité de vivre une vie sous le signe de la permanence.

La complicité fait des gens heureux, et sont des personnes auxquelles je m’attache pour ne pas laisser le présent m’échapper, elles sont toujours là pour moi et moi pour elles, et vers qui je peux toujours me tourner, celles qui me réconfortent en me prenant dans leurs bras et qui me donnent des raisons ainsi que la force nécessaire pour faire face jour après jour et vivre ma vie.

Letizia Doria

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