21 février 2020 0 Commentaire

La Porte grise.

Dernièrement rien qu’en voyant la tranche du livre, « le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry tout un pan de mon enfance m’est revenu en mémoire, c’est un livre particulier que je ne pourrais jamais oublier, il fait partie de ma vie, de ma manière de penser et d’agir, et même si je l’ai déjà lu plusieurs fois, j’ouvre ses pages à chaque fois, avec délice pour relire les phrases qui m’ont émue ou inspirée, pour revisiter les messages transmis et pour en trouver de nouveau.

C’est ce livre qui a ouvert mon esprit aux rêves, et surtout à leurs réalisations, j’avais sept ans et comme tous les enfants de cet age, le futur ne me faisait pas peur tout comme l’opinion des autres, et mon imagination était libre. J’étais aidée en cela par une mystérieuse porte grise scellée dans un mur et fermée à double tour, pendant des années je n’ai jamais su ce qu’il y avait derrière cette porte.

J’ai tout imaginé, tout fantasmé, comme si mon cerveau avait besoin de ces fantaisies, de ce monde imaginaire caché derrière cette porte et auquel j’avais recours, je n’en avais pas conscience à l’époque, j’ai su plus tard que c’était pour soulager le stress généré par les problèmes familiaux et trouver des espaces pour réfléchir, y faire face ou étendre ma créativité.

Mon esprit adore, encore aujourd’hui divaguer sur le seuil du réel, là ou la ligne étroite qui existe entre le moment où je suis endormie et celui où je suis réveillée, il me pousse à rêver pour visualiser ma vie dans son cheminement tortueux, avec ses hauts et ses bas, ses détours et les divers obstacles à surmonter placés sur mon chemin et ainsi pouvoir mieux gérer mes émotions et me permettre de prendre de meilleures décisions.

Ces moments sont autant de portes grises ouvertes sur d’autres dimensions de ma pensée, grâce à ces moments j’ai pu voir des défis, des opportunités, des occasions là où les autres voyaient des pièges, je me suis même retrouvée coincée, immobile devant cette porte que je fixais sans comprendre pourquoi il n’y avait pas d’issue possible, tout en espérant qu’elle s’ouvre par magie.

J’ai souvent fait marche arrière, me suis éloignée de cette porte pour chercher une autre route, et si j’ai compris une seule chose c’est que quand je me sens perdue ou quand je sens qu’il me manque quelque chose et que je ne sais pas ce que c’est, quand ce qui me rend normalement heureuse n’a plus cet effet ou qu’il me manque de l’énergie vitale, je m’arrête et je cherche en moi et pas ailleurs.

La meilleure version de moi-même est celle qui me fait sourire chaque matin et qui ne me fait jamais perdre le plaisir de jouir de la vie.

Et la fameuse porte me direz vous ? Eh bien si elle ne donnait concrètement sur rien, juste sur un projet d’extension qui ne fut jamais réalisé, elle fut pour moi, au travers de mes rêves l’ouverture sur ma vie, à tel point que je vais intégrer une porte mystérieuse à ma future maison et continuer à rêver.

Letizia Doria

 

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