15 novembre 2019 0 Commentaire

Le petit monde sclérosé de l’entreprise.

Cela fait quelque temps que j’interviens dans le milieu des entreprises avec pour mission d’en faire un audit juridique afin de définir leurs besoins et de les mettre en œuvre et uniquement pour ça, mais curieuse comme je suis, je n’ai pu m’empêcher de regarder ce qu’il se passait par ailleurs au sein de ces entreprises.

Le constat est mitigé, mais je dirais que moins d’une entreprise sur cinq fait ce qu’il faut pour durer, à cause de la frilosité de leurs patrons qui préfèrent que rien ne change et qui cherchent avant tout des employés dociles et surtout pas des créatifs qui sont vus comme des menaces.

Je sais bien que chaque entreprise ou organisation est particulière avec ses propres dynamiques, ses politiques et ses climats internes, certaines sont à prendre en exemple, en première ligne en matière d’innovation et d’efficacité, par contre pour d’autres rien n’est fait, elles n’arrivent pas ou ne veulent pas prendre le train en marche, cherchant des employé compétents certes, mais ces employés doivent également être influençables, prévenants et silencieux.

Il semblerait qu’en France un employé à l’esprit ouvert, flexible et critique soit un danger total parce que les patrons continuent de voir les nouvelles idées avec méfiance et peur, parce que nombre de nos entreprises se basent encore sur une envergure stricte, avec un schéma vertical où l’autorité exerce un contrôle total.

Les relations que les employés entretiennent avec leurs collègues et supérieurs hiérarchiques s’en ressentent et ne permettent pas une bonne communication au sein de l’entreprise, de se sentir à l’aise, de penser et de se comporter d’une manière positive, des relations assertives et appropriées seraient meilleures et plus productives.

La cohésion devrait être à la base de la vie de l’entreprise, incluant l’interaction, les normes, la pression, la conformité, l’identité, la pensée, la performance, le pouvoir, le leadership ou l’ambiance de l’entreprise.

Je pensais trouver un monde de l’entreprise moderne et tourné vers l’avenir et me rends compte que l’économie basée sur l’innovation, la créativité et la connaissance est plus un rêve qu’une réalité patente, les entreprises ne font que s’ajuster, souvent de bric et de broc en copiant ce qui à leur yeux fonctionne par ailleurs au lieu de se risquer à essayer ce qu’elle ne connaissent pas.

Je me met maintenant à la place des ouvriers et employés, cols bleus, cols blancs, brillants, avec une bonne formation qui par besoin d’un travail, finalement, ne réaliseront que des tâches routinières et peu prestigieuses parce que la résignation et l’acceptation de cette frilosité sclérosante sont basiques pour garder un travail.

L’entrepreneur créatif doit avoir du courage et prendre des initiatives, prendre des risques et sortir de ces cercles sclérosés afin de créer de nouvelles entreprises capables d’offrir des services novateurs à une société de plus en plus à l’affût, il faut comparer les entreprises novatrices et créatives aux locomotives des trains qui tirent de nombreux wagons qui ne font que suivre cahin-caha et qui finalement finiront pas se détacher.

Pour conclure je dirais que la demande ne se lie pas à l’offre et que les entreprises ne sont nullement réceptives face à cette étincelle basée sur l’innovation, cette sclérose stupide et fonctionnelle se concrétise parce que nous nous diluons complètement dans cette imbécillité pour soutenir un système qui se maintient, qui survit mais qui n’avance pas.

Letizia Doria

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