Entreprise, Société

Le petit monde sclérosé de l’entreprise.

Cela fait quelque temps que j’interviens dans le milieu des entreprises avec pour mission d’en faire un audit juridique afin de définir leurs besoins et de les mettre en œuvre et uniquement pour ça, mais curieuse comme je suis, je n’ai pu m’empêcher de regarder ce qu’il se passait par ailleurs au sein de ces entreprises.

Le constat est mitigé, mais je dirais que moins d’une entreprise sur cinq fait ce qu’il faut pour durer, à cause de la frilosité de leurs patrons qui préfèrent que rien ne change et qui cherchent avant tout des employés dociles et surtout pas des créatifs qui sont vus comme des menaces.

Je sais bien que chaque entreprise ou organisation est particulière avec ses propres dynamiques, ses politiques et ses climats internes, certaines sont à prendre en exemple, en première ligne en matière d’innovation et d’efficacité, par contre pour d’autres rien n’est fait, elles n’arrivent pas ou ne veulent pas prendre le train en marche, cherchant des employé compétents certes, mais ces employés doivent également être influençables, prévenants et silencieux.

Il semblerait qu’en France un employé à l’esprit ouvert, flexible et critique soit un danger total parce que les patrons continuent de voir les nouvelles idées avec méfiance et peur, parce que nombre de nos entreprises se basent encore sur une envergure stricte, avec un schéma vertical où l’autorité exerce un contrôle total.

Les relations que les employés entretiennent avec leurs collègues et supérieurs hiérarchiques s’en ressentent et ne permettent pas une bonne communication au sein de l’entreprise, de se sentir à l’aise, de penser et de se comporter d’une manière positive, des relations assertives et appropriées seraient meilleures et plus productives.

La cohésion devrait être à la base de la vie de l’entreprise, incluant l’interaction, les normes, la pression, la conformité, l’identité, la pensée, la performance, le pouvoir, le leadership ou l’ambiance de l’entreprise.

Je pensais trouver un monde de l’entreprise moderne et tourné vers l’avenir et me rends compte que l’économie basée sur l’innovation, la créativité et la connaissance est plus un rêve qu’une réalité patente, les entreprises ne font que s’ajuster, souvent de bric et de broc en copiant ce qui à leur yeux fonctionne par ailleurs au lieu de se risquer à essayer ce qu’elle ne connaissent pas.

Je me met maintenant à la place des ouvriers et employés, cols bleus, cols blancs, brillants, avec une bonne formation qui par besoin d’un travail, finalement, ne réaliseront que des tâches routinières et peu prestigieuses parce que la résignation et l’acceptation de cette frilosité sclérosante sont basiques pour garder un travail.

L’entrepreneur créatif doit avoir du courage et prendre des initiatives, prendre des risques et sortir de ces cercles sclérosés afin de créer de nouvelles entreprises capables d’offrir des services novateurs à une société de plus en plus à l’affût, il faut comparer les entreprises novatrices et créatives aux locomotives des trains qui tirent de nombreux wagons qui ne font que suivre cahin-caha et qui finalement finiront pas se détacher.

Pour conclure je dirais que la demande ne se lie pas à l’offre et que les entreprises ne sont nullement réceptives face à cette étincelle basée sur l’innovation, cette sclérose stupide et fonctionnelle se concrétise parce que nous nous diluons complètement dans cette imbécillité pour soutenir un système qui se maintient, qui survit mais qui n’avance pas.

Letizia Doria

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4 Réponses à “Le petit monde sclérosé de l’entreprise.”

  1. Le 16 novembre 2019 à 7 h 18 min Admin con ou bien ? a répondu avec... #

    Bonjour,
    le fond du sujet me semble bien être la prise de risques. Un employé qui prend un risque, sauf un Kerviel, sauf un chauffeur de bus, c’est en gros sans conséquence pour les autres. Mais un patron qui prend des risques, est-ce ce que souhaitent la majorité de « ses » salariés ?

    On entre tout de suite dans le mode de gestion participatif avec des individus en pleine conscience, bien dans leur tête, et qui ont un sens élevé des enjeux. Bref des employés qui ont une âme de patron sans en avoir l’envie pour de bonnes raisons personnelles.

    Dans un monde parfait, ou chacun est « à sa place », vous avez raison.

    Sauf que si vous mettez en avant que l’entreprise doit être créative, avec toutes les ressources dont elle dispose, alors vous entérinez la prépondérance de l’offre sur la demande. En effet quelle offre nouvelle serait faite à une demande nouvelle, si les acteurs de l’offre n’étaient pas capables de créativité. Certes, le premier coup consiste à proposer une solution à la demande. Ce n’est pas en soi de la véritable créativité, mais pour la suite, et face à la concurrence… JSCOB…?

    Dernière publication sur Jesuisconoubien... ? : Pour une excommunication des communicants.

    • Le 17 novembre 2019 à 7 h 07 min Letizia Doria a répondu avec... #

      Bonjour,
      mon constat se base sur la vétusté et l’obsolescence des outils de gestion des entreprises, du manque de communication de celles ci, de leur inertie à tous changement, pour la plus part elles vivotent en offrant ce qui se fait par ailleurs, sans grande originalité, jouant sur les rendements effectifs des employés avec des salaires misérables, créant ainsi des mauvaises ambiances, mais pour combien de temps ?
      Il s’agit en premier de s’adapter à notre société et à ses besoins, devant l’avènement du numérique, de la mondialisation ou du changement climatique, en second d’innover et d’inventer d’autres outils et d’autres produits.
      La prise de risque existera toujours dans le monde de l’entreprise, mais dans toutes courses, partir devant est un avantage sur.
      Je ne dis pas employer tous les moyens de l’entreprise à la création mais d’avoir un atelier de recherche, de permettre aux employés de s’exprimer, d’ouvrir des voies vers des idées nouvelles, le patron restera toujours le patron mais bénéficiera d’autre idées que les siennes et ainsi de définira clairement les buts de l’entreprise.
      Letizia

      • Le 24 novembre 2019 à 9 h 07 min Admin con ou bien ? a répondu avec... #

        Bonjour,
        Je suis d’accord mais il faut aller plus loin.
        La force d’une entreprise est sa capacité à faire face aux défis du moment tout en assurant sa survie de demain, en évoluant. Il lui faut à la fois améliorer sa manière de faire actuellement, puisque sa survie est dans la marge produite, et gérer l’évolution de sa production. Ce sont deux types d’évolution très différents à mener de front.
        Etre capable de créer une activité ne signifie pas être capable de la faire évoluer. C’est comme avoir une idée. Beaucoup d’entreprises fonctionnent parce qu’il y a un marché à se partager. Il ne faut pas s’étonner que la concurrence fasse rage.
        On peut avoir une idée, se lancer, réussir mais ne pas se sentir dès que l’on sort de ce cadre. Alors non les idées des employés (produites de manière aléatoire) ne sont pas les bienvenues car l’esprit d’aventure n’existait qu’au coup de départ.
        Je pense que la réussite de la majeure partie des entreprises se base sur la conjonction favorable d’une prise de risque individuelle (il faut donc en général être jeune) et du choix d’une activité porteuse ou pour laquelle on a du talent. On réussira et on survivra aussi longtemps qu’on pourra faire survivre son outil de production et son produit, quitte à devoir faire disparaître la concurrence.

        Dernière publication sur Jesuisconoubien... ? : Pour une excommunication des communicants.

        • Le 28 novembre 2019 à 6 h 01 min Letizia Doria a répondu avec... #

          Bonjour.
          L’assimilation se réfère au mode par lequel une entreprise se confronte à une stimulation de la demande en termes d’organisation actuelle, alors que l’accommodation implique une modification de l’organisation actuelle en réponse aux demandes du milieu. Via l’assimilation et l’accommodation, les entreprises se restructurent tout au long de leur développement.
          Ces mots ne sont pas de moi mais de Jean Piaget, ils ne sont pas liés aux entreprises mais à l’éducation des enfants.
          Nous retrouvons point par point l’éducation créative ou pas que nous avons reçus au sein des entreprises. A méditer… https://nospensees.fr/piaget-theorie-de-lapprentissage/

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