5 août 2019 0 Commentaire

Sacrée génération Y !

4FB4CEEB-1547-467F-874A-EEBD1AC77F44Je fais partie de ces enfants nés des années 80/90, autrement dit la génération Y, et quand j’entends parler de ma génération c’est trop souvent pour être critiquée, jugée impatiente, flemmarde, voir droguée, à coté de la plaque, j’en passe et des meilleures !

J’ai passé ma vie à étudier, 20 ans sur 28, c’est déjà pas mal, d’autres un peu moins, ou un peu plus, mais le constat est le même, les études, le savoir, finalement ne sont que les briques, la matière première qui associée à notre intelligence posent les fondations de notre vie future, le principal, la base, en est notre questionnement personnel et les réponses qu’on y apporte, comme apprendre à écouter, à comprendre les autres, nos différences, nos motivations, et surtout comment vivre ensemble, pour nous rendre compte qu’on n’était pas si libres que ça finalement.

Je n’ai pas été bercée par le monde des mangas, les contes de fées, les jeux vidéos, les carnets de notes et la pression d’avoir le bac, mais ça a été les cas pour la majorité d’entre nous, notre but à toutes et tous était la réussite qui allait nous apporter, bonheur, reconnaissance professionnelle, argent et satisfaction personnelle, la promesse qu’après avoir bossé dur, à la fin, ça allait être payant.

Nous avons eu, pour ce que j’en sais, un parcours scolaire exemplaire, le bac mention bien, voire très-bien, des notes excellentes en fac ou en école, on a même rejoint une association en parallèle de nos études, puis on a obtenu une licence, un Master, deux pour certains, des hautes écoles, etc.

En parallèle nous nous sommes aussi sociabilisé•e•s, certain•nes ont voyagé, des ouvertures culturelles se sont faites, des différences ont été actées, acceptées, finalement nous avons découvert le monde, nous avons compris qu’on était libres, on s’est émancipés, certain•nes ont quitté le nid douillet familial pour « voler de nos propres ailes » mais une fois diplômés pour la majorité d’entre nous ce fut la désillusion et on n’a pas été bien loin…

La découverte du monde du travail de par les quelques premières expériences professionnelles, nous ont ouvert les yeux sur notre réalité, tout ce pour quoi on s’était battu, ces années d’études, ces belles paroles n’étaient que mensonges et qu’il n’y aurait pas de récompense.

Il ne m’aura fallu que quelques semaines pour comprendre que la place de rêve si durement gagnée dans la fonction publique n’était qu’un leurre et j’ai démissionné au bout de 67 semaines et 384 heures supplémentaires, j’ai pu le faire parce que mon père à son décès m’a légué un petit pécule qui m’a permis d’embrasser une autre carrière, mais pour les autres, même le CDI ne fait pas rêver tout simplement parce que les jobs actuels ne font pas rêver, s’asseoir à un bureau 40h par semaine, utiliser un dixième (je suis très large) des connaissances que l’on a acquises pour ne presque rien gagner et n’avoir presque aucune perspective d’évolution.

C’est là que l’on se rend compte que le problème c’est cette société qui n’est pas faite pour nous, qu’on ne veut pas rentrer pas dans le moule et qu’on veut changer les choses.

Nous n’acceptons pas de travailler avec des gens méchants et incompétents, nous n’acceptons pas non plus le racisme et le sexisme de notre société actuelle, de vivre dans un monde corrompu, de n’avoir aucun pouvoir, d’être simple spectateur d’un monde qui part en ruines, on n’accepte pas que certains pensent que c’est normal, que c’est « comme ça ».

Moi comme eux voulons changer les choses, changer le monde, être acteurs de notre propre vie, être heureux.

En sommes nous capables ? A bien y réfléchir, je dirais oui, de toutes les générations qui nous ont précédé nous sommes les plus éduquées, les plus motivés, mais il est temps de commencer à trouver des solutions ou du moins, essayer…

Letizia Doria

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