21 juin 2019 0 Commentaire

Lettre à ma mère adoptive.

Gauguin_La_mère_de_l'artisteAujourd’hui j’ai décidé d’accepter mes émotions négatives pour pouvoir pardonner, tu restes dans ma mémoire, sans rouille, ni oxydation, comme une tache indélébile, tu arrives à bouleverser mon cœur, à nouer mon estomac lorsque tu apparais dans mon esprit, tu n’as pas passé beaucoup de temps avec moi, tu as « juste » quelque chose de spécial, quelque chose qui te démarque des autres et qui entraîne en moi un sentiment exclusif.

Tu as passé une toute petite partie de ta vie avec moi, mais tu est restée dans mon corps et dans mon esprit, si tu me demandais la raison, je t’en donnerais plusieurs, ou peut-être aucune, je devrais y repenser une fois encore pour que tu comprennes, qu’à mes yeux tu es comme un cauchemar, comme un rosier sans fleurs, juste un épineux, sans raison d’être.

Tu es la personne avec qui je ne partagerais jamais un café, une conversation ou une simple promenade, tu as une baguette magique et ce que tu as produit en moi est le sentiment le plus proche de la haine que je n’ai jamais ressenti, une chose… Inexplicable.

Je ne parle pas d’amour, il n’y en avait aucun, ni d’amitié, je parle de quelque chose que tu possèdes en toi et que moi j’ai vu, senti et détesté, ton indifférence.

Je t’ai vu aider les autres sans jamais rien attendre en retour, sauf moi, je t’ai vue irradier la joie quand mon petit frère, ton fils biologique est né, mais en même temps j’ai retrouvé mon statut d’adoptée, puis quand il est décédé, dans ces moments où je te pensais triste et où tu as mis mon empathie à l’épreuve, tu m’a repoussée quand j’ai essayé de t’aimer, encore une fois.

Je ne t’ai jamais entendu chanter, je ne me suis jamais perdue dans tes paragraphes ou lu la lettre que tu ne m’as jamais écrite, je n’ai pas apprécié ta poésie et je me suis reposée en sachant que tu étais aux commandes, avec toi, j’ai appris que ton art avait autant de formes que de préoccupations destructives.

Suite au divorce tu es partie, de la même façon qu’un train récupère des passagers à la gare, mais sans embrassades, sans te retourner, emportant tes démons avec toi, enfin le fait que tu aies été capable de ne rien donner et de ne rien partager avec moi te rend immensément spéciale, oui spéciale, c’est le mot. Pas différent, car ce qui est certain, c’est que même si toutes ces épines acérées ne t’accompagnent pas, je serai capable d’apprécier ta couleur sombre. J’ai également la certitude que les autres aussi sont capables de voir en toi ce que je décris.

Maman, puisque sur le papier tu es ma mère je te pardonne.

Maman, puisque sur le papier tu es ma mère je te remercie de ne pas m’avoir accueillie au décès de papa et m’avoir ainsi donné la chance de savoir ce qu’est une famille aimante fût elle d’accueil.

Letizia Doria

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