18 juin 2019 0 Commentaire

Ma famille d’accueil, merci.

happy-family-2545719_960_720Il y à 16 ans, un 18 juin, c’était un mercredi, après presque deux mois d’attente dans un foyer de la D.A.S.S. je rencontrais ma famille d’accueil, j’y suis restée un peu plus de quatre ans, à une période de ma vie, entre douze et seize ans ou les besoins sont nombreux, que ce soit d’amour, de sécurité, de compréhension, de règles, d’écoute, de fermeté, de câlins, de suivi, etc.

J’ai, durant cette période connu cinq « Frères » et trois « Sœurs » qui se toujours bien tenu•e•s vis-à-vis de moi ou de la famille, pas trop vis-à-vis de la société, je n’ai gardé contact qu’avec une « Sœur » de mon age, placée comme moi.

J’ai été trop souvent, comme tous les placé•e•s en famille d’accueil jugée au travers de stéréotypes, et j’aimerais faire changer le regard que les gens posent sur les enfants en famille d’accueil et sur les familles d’accueil elles-mêmes.

Je me suis vite rendue compte que dire être en famille d’accueil me fermait des portes, des parents interdisaient à leurs enfants de me fréquenter, les enfants eux-mêmes étaient trop souvent méchants envers moi à cause de mon statut, et l’expliquer ne servait à rien, donc je ne disait rien qui puisse faire savoir aux autres qui j’étais vraiment.

Même maintenant et malgré mes études brillantes et ma réussite professionnelle, quand j’annonce que j’ai été en famille d’accueil, cela suscite toujours des réactions similaires, souvent négatives, une autre chose que j’évitais soigneusement de dire, non pas que cela me gênait, mais plutôt de par les réactions générées, c’est que je suivais une thérapie suite au décès soudain de mon père, cause de mon placement, maintenant je n’en ai cure ! !

Entre les « Ah ! Je ne savais pas, » les « Je suis désolé•e » les « Pourquoi as-tu en famille d’accueil ? » et les « Ah ! Et t’es plus dépressive ? », il y aurait de quoi écrire un roman.

je suis arrivé dans une famille d’accueil merveilleuse, toujours à l’écoute, ouverte sur le monde, avec qui j’ai eue une extraordinaire complicité, je dois à cette famille ma réussite dans la vie, je leur dois ma façon de réfléchir, de me comporter, de vivre sans avoir besoin de m’identifier à quoi que ce soit ou de fondre dans un moule ou je n’aurais pas ma place, de penser, de me faire mes opinions en fonction de mes lectures et non de ce que les autres peuvent raconter, de ne pas me formaliser sur les orientations sexuelles des un•e•s et des autres, qu’il n’y a pas de gens normaux et d’autres pas, en un mot que nous sommes tous uniques..

Je ne compte pas les petits câlins de ma mère qui m’ont accompagnés tout au long de mon placement, ses marques d’affections et ses petits cadeaux qui ont fait de ma vie particulière une vie ordinaire et normale, comme toutes les filles ont ou devraient avoir avec leur mère.

A l’age de seize ans vu que j’étais en fac, j’ai demandé au conseil de famille de demander mon émancipation au juge des tutelles qui me l’a accordé

En conclusion, ces quatre ans de ma vie ont été primordiales, essentielles, merveilleuses, je n’ai qu’un grand merci à leur dire et tout mon amour.

Letizia Doria

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